Sommaire

E

Les origines romanes de l'Hôtel-Dieu de Beaugency

(XIIe s.)

E

Les transformations de la 1ère Renaissance

(1470-1533)

E

Les acquisitions et les constructions de l'Epoque Moderne

 (Fin XVIIe s.- XVIIIe s.)

E

Les derniers aménagements avant le transfert de l'Hôpital

 (XIXe s.)

Le collège de la Maîtrise-Notre-Dame à Beaugency s’est installé dans les murs de l’Hôtel-Dieu. Celui-ci a fonctionné pendant près de 800 ans, connaissant des aménagements nombreux.

On observe sur le plan ci-dessous les bâtiments qui ont été conservés et leur période de construction, d’acquisition ou d’aménagement. Tous répondent désormais aux nécessités de l’établissement scolaire.

Les origines romanes de l’Hôtel-Dieu de Beaugency

(XIIe s.)

L’histoire de l’hôtel-Dieu de Beaugency commence tandis que la cité fortifiée est en plein déploiement. Construit dans les 1ers faubourgs fermés par la 1ère enceinte urbaine, sans doute dès le début du XIIe s., l’édifice est aménagé à grands frais au milieu de ce même siècle par le comte de Blois Thiébaud, seigneur suzerain de Beaugency.

Le site est alors composé d’au moins 3 espaces :

  • La chapelle qui court le long de la rue Porte de Tavers
  • Des locaux (disparus) à l’emplacement du bâtiment principal face au portail
  • La 1ère cour
  • Il faut sans doute ajouter dès cette période le jardin et les granges situés à l’Est de la Porte de Tavers, où se trouve aujourd’hui l’école de musique (hors plan)

Habituellement situé à proximité d’un évêché ou d’une abbaye – comme c’est le cas ici-, l’hôtel-Dieu répond à une fonction vitale pour l’Homme roman : assurer son Salut. L’application est très concrète puisqu’il s’agit de prendre soin des corps et des âmes. Un hôtel-Dieu est donc à la fois hôpital et espace de prière.

A Beaugency, 3 chapelains et une communauté de frères et de sœurs, sous l’autorité d’un maître spirituel, sont au services des malades, mais aussi des plus démunis, des femmes en couche et des enfants orphelins.

Il est probable que dès cette époque, la chapelle est divisée en trois espaces comme elle l’est encore au milieu du XVIIIe s. :

  • La chapelle à proprement parler, à l’Est
  • La salle des malades
  • La salle des hommes âgés

C’est une disposition caractéristique de ce type d’édifice : elle met directement le malade en lien avec et le Divin.

Les transformations de la 1ère Renaissance

(1470-1533)

En 1470, un incendie ravage les locaux situés au niveau du bâtiment principal et la chapelle. On se lance dans un chantier de longue haleine qui s’achève quelques 50 ans plus tard et aboutit au bâtiment principal face au portail. Mais il faut dire qu’en pleine guerre d’Italie, les maîtres maçons et tailleurs de pierre se sentent des velléités nouvelles. Beaugency est alors sous la tutelle des seigneurs de Châteaudun.

Jean de Longueville, à la fois archevêque de Toulouse et seigneur de Châteaudun, fait travailler Pierre Gadier et Ollivier Chollet à un bâtiment hors d’oeuvre : un acte notarié prouvent qu’ils s’attellent à l’escalier à vis dès 1515. Et si au château de Châteaudun, ils se sont laissés aller à de nombreuses références gothiques, à l’Hôtel-Dieu de Beaugency, ils sont résolument tournés vers les modèles classiques, bien plus tendances… Oves, raies de coeurs, fleurettes, cercles et demi-cercles qui courent sur la corniche n’ont plus rien à voir avec les feuillages gothiques !

Et pour modeste qu’il soit, l’Hôtel-Dieu ne se fait pas bouder par Jean de Longueville : ses armoiries y apparaissent à trois reprises, y compris au niveau du clocher St-Firmin.

Le chantier prend fin avec la construction du portail qui se déroule de 1519 à 1533 sous la direction de Jean Pivyn, lequel est maître et administrateur de l’ensemble. Son épitaphe est encore conservée dans la chapelle.

 

Les acquisitions et les constructions de l’Epoque Moderne

(Fin XVIIe s. – XVIIIe s.)

A la fin du XVIIe s., il faut  faire face à un problème croissant de surpopulation. En témoigne cet avis de 1684 du duc d’Orléans :

La cour et le logement de l’Hôtel–Dieu sont si pressés qu’il est impossible de mettre les hommes malades ou invalides par accident de vieillesse, ni les petits enfants trouvés ou abandonnés, en des lieux séparés pour les soulager les instruire, ce qui cause des désordres et infections sans nombre.

[Il faut annexer des espaces] et y construire des bâtiments destinés à la retraite des pauvres femmes et des enfants abandonnés.

Jules Lorain de Chaffin citant le duc d'Orléans. Propos rapportés dans le bulletin annuel n°29 de la Société Archéologique et Historique de Beaugency.

Pour résoudre le problème, on se lance dans une série d’acquisitions qui accroit la superficie au sud et se déploie autour d’une deuxième cour (actuels cuisine, rez de chaussé de l’internat des filles et salles de l’angle sud-ouest). 1674, 1680, 1710, 1711, 1729… Les achats vont bon train ! On transporte dans ce nouvel espace la boulangerie, la salle des 40 draps, le logement du maître spirituel, et le jardin de plantes médicinales.

Mais la place manque toujours ! Et c’est en 1728 que l’on construit la salle des femmes malades (salles attenantes à la chapelle).

 

Enfin, en 1777, derrière une grange écroulée à l’Ouest du portail, on achève la construction d’un long bâtiment classique. Il est affecté aux femmes malades, à la lingerie et aux petites filles, c’est du moins le cas au XIXe s. Une inscription sur un linteau atteste la date. Dans la foulée, on scinde la 1ère cour avec une grande façade du même style (inachevée), puis on ajoute un bâtiment au fond de la 2de cour, également daté par une inscription de 1780.

 

Les derniers aménagements avant le transfert de l’hôpital

(XIXe s.)

En 1827, la façade de la partie occidentale du bâtiment principal (actuelle salle des enseignants) est refaite, ainsi que l’atteste l’inscription de la date. Enfin, la chapelle est dotée d’une abside en 1852. Ce sont les ultimes aménagements dont nous avons trace pour l’histoire de l’hospice.

A partir de 1925, l’hôpital définitivement trop petit est transféré à la périphérie de la cité. L’Hôtel-Dieu devient un établissement scolaire… Une nouvelle histoire s’écrit !